Les grandes méthodes pédagogiques

Transmettre un savoir n’est pas chose aisée, principalement lorsqu’on ne sait pas sur quelle méthode pédagogique s’appuyer. Au travers de cet article, nous vous proposons une revue de certaines méthodes pédagogiques.

 

La pédagogie active

Les sciences de l’éducation sont assez formelles sur un point important : l’inefficacité des pédagogies dites « passives », celles qui sont essentiellement centrées sur l’enseignant, dans une logique de transmission unilatérale.

Par un raccourci manichéen, cette inefficacité nous amène rapidement à penser que l’apprentissage actif serait la solution parfaite pour réaliser n’importe quel miracle pédagogique. Il s’agit alors d’impliquer l’apprenant dans sa formation, de le placer au centre de son apprentissage.

A fuir à tout prix la passivité, on en a fini par admettre à peu près tout et n’importe quoi sous l’appellation d’apprentissage actif : de l’action physique aux travaux de groupe en passant par les présentations orales.

La pédagogie active se caractérise avant tout par une implication cognitive de l’apprenant.

Peu de personnes ont le mérite d’avoir passer autant de temps que Michelene Chi a étudier les questions d’apprentissage actif. Ses travaux lui ont permis d’établir un modèle – le modèle ICAP – pour rendre compte des différents niveaux d’engagement cognitif : de l’apprentissage en surface à l’apprentissage le plus en profondeur possible. Son modèle s’inscrit sur le continuum suivant : Passif à Actif à Constructif à Interactif.

 

L’apprentissage passif

L’apprentissage passif est la première étape du modèle ICAP, établi par Michelene Chi. Dans ce mode, l’apprenant est orienté intégralement vers la réception de l’information. Il se contente de prêter attention, mais son implication cognitive ne va pas vraiment plus loin.

S’il est possible d’apprendre dans ces conditions, il s’agit d’une situation dans laquelle le niveau d’apprentissage prévu est relativement faible.

 

L’apprentissage actif

L’apprentissage actif est l’étape qui suit la passivité dans les travaux de la scientifique. Ce mode d’apprentissage se traduit par la manipulation physique d’éléments, sans pour autant ajouter de nouvelles informations ou de nouveaux paradigmes.

Souligner, surligner, recopier, annoter sont des actions inhérentes au mode actif. Cela enclenche un processus de sélection et de mise en lumière de l’information, autant que cela nécessite une attention particulière de l’apprenant.

C’est le niveau d’implication minimal auquel il faudrait pouvoir prétendre pour envisager un apprentissage correct. Les supports pédagogiques et les demandes du formateur peuvent permettre d’encourager ce mode d’apprentissage.

 

L’apprentissage constructif

Troisième niveau d’implication dans le modèle ICAP : l’apprentissage constructif. Il s’agit ici de générer de nouvelles informations, d’aller au-delà des supports d’apprentissage présentés.

L’apprentissage devient constructif et génératif quand l’apprenant se réapproprie le savoir pour le développer, l’alimenter. Quelques exemples : le mind-mapping, la schématisation d’un contenu, créer des liens entre différentes disciplines et connaissances, donner des exemples concrets, illustrer son propos…

En agissant ainsi, l’apprentissage se fait de façon plus profonde et le niveau d’apprentissage s’en voit d’autant améliorer.

 

L’apprentissage interactif

Dernier échelon du modèle de Michelene Chi, l’apprentissage interactif favorise le dialogue et l’échange. Les apprenants en échangeant vont non seulement retravailler leur position, mais surtout, faire émerger des nouvelles qui n’auraient pas vu le jour dans un travail complétement individuel. Chacun se nourrit alors de sa propre réflexion et de celle d’autrui. Bien évidemment, ce mode d’apprentissage est d’autant plus efficace si les apprenants sont également passés par des stades d’implication individuelle.

Devoir argumenter, défendre son opinion, confronter son point de vue, faire des remarques constructives, s’interroger les uns les autres, corriger ses pairs sont autant de méthodes qui permettent d’entrer dans une logique d’apprentissage interactif.

D’après les études, il s’agit là de ce qu’il se fait de mieux en termes d’implication cognitive de l’apprenant, permettant ainsi un apprentissage profond et durable.

 


Ce modèle, synthèse d’un certain nombre d’études sur le sujet, a le mérite de présenter de façon claire une vision de la pédagogie active, donnant à chacun des pistes pour pouvoir en tirer un maximum de profit.

Charge au formateur de prendre connaissance de ce modèle pour pouvoir intégrer des méthodes réfléchies dans l’objectif d’impliquer cognitivement les apprenants. Charge aux apprenants de s’approprier ces différents modes d’apprentissage pour tirer un maximum profit de leurs formations, et ne pas se contenter d’être des spectateurs passifs.

 

 

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