Ludifier l’enseignement musical grâce au jeu vidéo #1

Abstract

Comment ludifier l’enseignement musical grâce à un arbre de compétences individualisés, hérité du jeu vidéo ?

 

Contexte

Deux des cofondateurs de Solpedinn, Antonin et Martin, sont chargés depuis septembre 2017 de la gestion de la Why Not Factory. Il s’agit de l’incubateur de startups de l’ESAM (une des écoles du groupe IGS). Parmi les entrepreneurs, plusieurs musiciens aux niveaux hétérogènes. Quant à moi, récemment recruté, j’ai quinze ans à mon actif. Et plein d’idées pour ludifier l’enseignement à tester. L’idée a donc rapidement émergé de créer un groupe (aka le Why Not Band – le nom reste à confirmer).

 

Comment ludifier l’enseignement musical ?

Chez Solpedinn, ludifier l’enseignement est notre spécialité ! Il était donc naturel de tenter d’en faire autant pour l’apprentissage collégial de la musique. Cette activité occupe quotidiennement nos pauses. Plusieurs inspirations sont venues du monde du jeu vidéo :

  • Die & retry. C’est un mécanisme dans lequel le joueur meurt souvent, apprend de ses erreurs et recommence pour aller plus loin.  C’est un pilier de la philosophie Shadock : “plus ça rate, plus on a de chances que ça marche“. Certains jeux vidéos, à la difficulté élevée (tel que Dark Souls), en ont fait une mécanique centrale de leur gameplay. C’est ce même schéma d’essai-erreur que décrivait Burrhus F. SKINNER, célèbre psychologue comportementaliste, dans l’apprentissage.
  • Quêtes principales et annexes. L’idée était d’énoncer un objectif simple et rapidement accessible. Ceux qui souhaitent y participer peuvent s’améliorer à l’occasion de quêtes annexes que nous commençons tout juste à définir.
  • L’arbre de compétences. Ce sera l’objet principal de cette série d’articles. Les arbres de compétences sont des représentations graphiques et hiérarchisées de compétences acquises par un joueur dans un RPG (jeu de rôle).

 

Arbre de compétences de la sorcière dans Diablo II
Arbre de compétences de la sorcière dans Diablo II

 

La combinaison des trois a abouti à la démarche suivante :

  • Jouer 1 à 3 morceaux tous les 15 jours, à l’occasion d’une scène ouverte près de nos locaux (quête principale),
  • Se planter un maximum de fois ensemble et débriefer dans la foulée pour faire mieux (die & retry),
  • Faire des jeux et exercices en semaine pour s’améliorer (quêtes annexes et arbre individuels de compétences).

 

Vertus d’un arbre de compétences

De la même manière que courir implique de marcher (et donc de tenir debout), il existe une certaine hiérarchisation des savoir-faire et savoir-être. On observe cela indépendamment de la discipline étudiée. La première étape fut de lister celles nécessaires à la pratique musicale. Par expérience – et par Google – une première série de sept branches principales dans notre arbre de compétences a été identifiée. Nous avons l’harmonie, le rythme, l’audiation (chant & oreille), l’écriture et arrangements, la pratique instrumentale et enfin, vie de groupe et production & MAO. Chacune de ces branches se décline en compétences qui peuvent elles aussi lier plusieurs branches principales.

Ce recensement n’a pas vocation à être exhaustif. En jeune adepte de la pensée bayésienne, je considère que “tous les modèles sont faux et que certains sont utiles”. C’est pourquoi nous visons d’abord la création de sept petits arbre de compétences interdépendants à enrichir progressivement. Un premier exemple, pour la branche “Arrangements et compositions” est donné ci-dessous.

 

ludifier enseignement musical arbre de compétence
Version 1 de l’arbre de compétences “Arrangements & compositions”

 

Ludifier les blocs de compétences : un casse-tête d’ingénierie pédagogique ?

L’idée initiale – déjà remise en question par de récentes discussions – était :

  • D’associer des niveaux à chaque compétence (de 0/5 à 5/5 par exemple) pour mesurer la progression
  • De monter en niveau par atteinte d’objectifs SMART (simple, mesurable, acceptable, réaliste, temporellement défini)
  • De lister des activités à réaliser pour remplir un ou plusieurs objectif(s)
  • De gagner en niveau sur une ou plusieur(s) compétence(s)

Cette approche se révèle pour l’instant complexe car nous sommes dans un système matriciel. En effet, une compétence peut être développée par une grande variété d’activités. Réciproquement, une activité peut faire progresser un apprenant en de nombreuses compétences. Et cela n’est pas spécifique à l’enseignement musical. Le même problème a été rencontré dans l’ingénierie pédagogique du mastère entreprenariat. D’un côté, l’approche top-down dans laquelle les blocs de compétences contraignaient les modules à intégrer. De l’autre, une approche bottom-up où des modules de formation pré-selectionnés pouvaient intégrer plusieurs blocs existants.

J’en appelle donc à vos expériences !

  • Avez-vous déjà utilisé ce genre d’arbre de compétences dans l’enseignement ou la formation professionnelle ?
  • Avez-vous d’autres expériences pour ludifier la montée en compétences ?

Je ne manquerai pas de poursuivre la rédaction régulière d’articles dans notre blog à ce propos. D’ici là, bon leveling à vous !

[Edit du 25 février 2020] – Le second article est disponible !

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